Le Camel (ou chameau), est l'animal totémique de la ville de Béziers. Il défile dans les rues de la ville à deux occasions : pour les fêtes de la Saint-Aphrodise le 28 avril et les fêtes des Caritats se tenant le jour de l'Ascension.
Pour perpétuer le souvenir du chameau, et les actes de charité qui entourent cette légende, un chameau en bois fut construit et défile dans les rues de Béziers tous les ans à la même date pour les célébrations de la Saint-Aphrodise. Le chameau, énorme machine de bois se meut grâce à quatre personnes abritées dans ses flancs. Il est recouvert de grandes tentures et de toiles peintes sur lesquelles figurent plusieurs inscriptions : « Ex antiquitate renascor » et « Sem Fosso ». La première expression en latin signifie « je renais de l'Antiquité » et fait référence au caractère séculaire de cette manifestation. L'inscription « Sen Fosso » est, elle, une expression en occitan languedocien signifiant « nous sommes nombreux », intégrant une notion de cohésion par la force du nombre. Cette machine détient également de grandes machoires en fer, les « Gnico-Gnaco » qui claquent tout le long du défilé. Le Camel est guidé à travers la ville par le Papari, son gardien, suivi de toutes les corporations de métiers de la ville. L'arrêt est obligatoire devant la maison du potier, où une offrande, la cibado, est remise au Camel. La parade fait également un arrêt devant la statue de Pépézuc, autre personnage légendaire de Béziers, rue Française. Le défilé est composé du chameau mené par le Papari, son gardien, suivis de personnes déguisées en « sauvages » dont la tête est couverte de branches vertes de sureau et surmontées d'un pain. Participent également au Passa-Carrièra les membres des différentes confréries et corporations de métiers mais aussi des danseurs qui s'arrêtent à de nombreuses reprises au cours du défilé pour interpréter des danses traditionnelles. Il est de coutume de danser la danse des treilles et la danse des pâtres au cours du défilé.
Le Camel de Béziers est aussi de sortie lors des fêtes de Caritats, le jour de l'Ascension, où des petits pains, les coques, étaient distribués à travers la ville aux plus pauvres. Cette fête était aussi un moment de liesse où toute la population locale défilait dans les rues en distribuant bonbons et douceurs. Aujourd'hui, un concours vient récompenser l'artisan qui a fait la meilleure coque. A l'issue du concours, des parts sont distribuées à la population.
La légende raconte que Saint-Aphrodise, premier évêque de Béziers serait arrivé d'Egypte avec son chameau pour évangéliser la Gaule. Il aurait été condamné à mort par le gouverneur romain en raison de sa trop grande activité. Décapité rue Saint-Jacques, il ramassa sa tête et retourna dans la grotte dans laquelle il vivait, aujourd'hui église Saint-Aphrodise. Sur son chemin, des habitants jetèrent des escargots à son passage mais le saint se contentait de les effleurer, sans les écraser. On raconte également que des tailleurs de pierre traitèrent de fou Aphrodise et furent immédiatement transformés en pierre. On pouvait voir leurs visages pétrifiés sur la façade de l'ancienne Abbaye du Saint-Esprit, rue des Têtes. Après la mort d'Aphrodise, une famille de potiers de Béziers recueillit son chameau et lui fournit le gîte et le couvert. Lorsque Aphrodise fut reconnu comme saint, la municipalité de Béziers décida de prendre à sa charge l'entretien du chameau. Un fief destiné à l'entretien du chameau fut créé. A la mort du chameau, le fief fut affecté à la charité publique et servait à financer la fabrication de petits pains donnés aux pauvres après avoir été bénis par l'évêque de Béziers.
Si le Camel de Béziers est bien inscrit dans les coutumes locales et semble avoir des origines ancestrales, il fut détruit et interdit à de nombreuses reprises.
L'effigie du chameau fut brulée durant les guerres de religion puis rapidement reconstruite. En 1793, avec la Révolution Française, elle fut également détruite en place publique avec tous les titres féodaux et son fief fut supprimé. En 1848, le camel fraîchement construit fut de nouveau démoli et tout aussi rapidement reconstruit par la population locale, très attachée à son animal totémique.
La tête du Camel qui défile aujourd'hui dans les rues de Béziers semble dater du XVII° siècle et la structure de son corps est, elle, beaucoup plus récente mais inspirée des anciennes représentations de l'effigie du Camel. Traditionnellement doté d'une seule bosse, l'armature du Camel se vit en rajouter une deuxième lors de sa réfection dans les années 1970. Face au mécontentement des Biterrois, la seconde bosse fut retirée afin de rendre à l'animal son apparence légendaire.
La revue Practicas (sous-titre : "revista pedagogica") est une revue de pédagogie en occitan. Practicas est emblématique de l'évolution de la production pédagogique occitane dans les années 1980, marquée par la sortie d'une certaine marginalité, jusque-là essentiellement cantonnée dans les publications des organisations militantes (autour de l'IEO à partir de 1945 : Groupe Antonin Perbosc puis Section pédagogique de l'IEO) - "le temps des pionniers et premiers maîtres" dont parle l'éditorial du premier numéro de la revue Practicas (1983, voir ci-dessous). La revue Practicas témoigne donc de la structuration d'un secteur public et d'une certaine "normalisation" institutionnelle de l'enseignement de l'occitan.
La publication de Practicas - une à deux livraisons par an - a débutée en 1983 pour se terminer en 1989 (n° 15/16). La collection comporte 9 numéros au total d'une centaine de pages chacun.
Editée à Béziers, son comité de rédaction était composé d'enseignants et d'universitaires (Claire Torreilles, Jean-Paul Creissac, Marie-Jeanne Verny, Patric Sauzet, Danièle Julien, André Clément...)
Chaque numéro comprend des articles, des exercices, des choix de textes visant à aider l'enseignement de la langue et de la littérature occitanes, mais aussi l'enseignement en occitan des sciences et de l'histoire. Enfin la revue fait une large place aux expériences d'enseignement, à travers de nombreux témoignages de professeurs d'occitan.
Extrait de l'éditorial du n° 1 (1983) :
« Enfin Practicas existe ? Confluent de pratiques et de recherches pédagogiques isolées ou collectives, Practicas ne prétend en aucune façon imposer des modèles ou proposer des recettes. Cette revue nouvelle veut être un outil de travail et de communication, le reflet de la diversité des situations et des méthodes. Nous avons donc largement ouvert l'éventail des rubriques, non seulement parce qu'il n'y a pas une seule façon d'enseigner l'occitan, mais aussi parce qu'il y a, en occitan, et par l'occitan, plus d'un domaine à défricher. (…) Maintenant que nous croyons arriver à la fin du temps des pionniers et « premiers maîtres », nous devons sortir de la marginalité. L'espoir de voir changer nos conditions de travail et l'urgence des tâches à entreprendre nous imposent de multiplier les perspectives, de confronter largement les expériences. C'est à nous d'y contribuer, à chacun de nous. Que la précarité matérielle et institutionnelle soit encore notre lot, c'est incontestable ; les difficultés de financement que nous avons rencontrées en sont la preuve. Mais il faut avancer coûte que coûte. L'enjeu de nos efforts est peut-être une entreprise originale de réflexion autonome et exigeante sur cette école où nous voulons faire sa place à l'occitan, non par sensibilité passéiste, mais par choix mûri, volontaire, d'une école différente et d'un enseignement moderne et démocratique. »
Pour consulter la revue :
La collection complète est consultable au CIRDOC-Mediatèca occitana [cote N 4]. Des collections - souvent incomplètes - sont également consultables à la Bibliothèque d'agglomération de Montpellier, aux Archives Départementales de l'Hérault, au Centre Régional de Documentation Occitane de Mouans-Sartoux ainsi qu'à la Bibliothèque nationale de France.
Les premières revues pédagogiques occitanes :
- Bulletin pédagogique de l’IEO (Toulouse, 1951-1956)
- Cahiers Pédagogiques de l’IEO (Toulouse, 1956-1973)
- Lo Senhal : bulletin pour l'enseignement de la langue d'Oc (Toulouse, IEO, 1971-1972)
- Viure a l’escòla : revue de réflexion et de pratiques pédagogiques (Villegaillenc, 1976 et 1980)
D'autres revues pédagogique, qui paraissent actuellement :
- Lenga e país d’òc, revue de réflexion et pratiques pédagogiques éditée par le CRDP de Montpellier, 1982-.
Revue de référence réalisée par des enseignants et universitaires.
- Lo Senhal, A.D.OC (Association pour le développement de la langue occitane), Mende, paraît depuis 1991.
- Lou Prouvençau a l’escolo. revue publiée par l'association "Lou Prouvençau a l'escolo", Saint-Rémy-de-Provence, paraît depuis 1952-53.
Uniquement pour l'enseignement du provençal. Voir le site de l'association.
Pour en savoir + sur l'histoire des revues pédagogiques occitanes, voir :
Yan LESPOUX, "Robert Lafont et la pédagogie au sein de l'IEO", publié dans Lenga et país d’òc, Scérén-CRDP Languedoc-Roussillon, n° 50-51, avril 2011 (p. 37-48).
Au tout début de la décennie 1970, Jacques Bouët, alors étudiant en maîtrise d’ethnologie à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, et devenu ensuite un ethnomusicologue spécialiste des musiques roumaines, fait une série d’enquêtes orales dans le nord de l’Hérault sur les massifs du Caroux et de l’Espinouse. Les enregistrements ont été donnés par l’ethnologue à l’Office départemental d’action culturelle (ODAC) qui avait constitué une importante phonothèque d’intérêt ethnographique. Le fonds de la phonothèque de l’ODAC a depuis été versé aux Archives départementales de l’Hérault (1771 W 64-66).
Jacques Bouët (1945-2018) a été un ethnomusicoloque et enseignant-chercheur spécialiste de langue et civilisation roumaines. C’est dans le cadre de ses études d'ethnologie à l’Université de Montpellier au tout début des années 1970 que Jacques Bouët réalise une série d'entretiens enregistrés sur bandes magnétiques avec des habitants des massifs du Caroux et de l'Espinouse (Hérault).
Durant un été Jacques Bouët est allé à la rencontre des familles et habitants des villages et a recueilli récits de vie, contes et chansons aussi bien en occitan qu'en français. Ces entretiens ont servi de matériaux à la rédaction d’un mémoire de maîtrise, Faits relevant de l'ethnomusicologie dans la région du Caroux et de l'Espinouse (Faculté des Lettres et Sciences humaines de Montpellier, juin 1970) dans lequel il livre quelques informations sur le cadre de cette enquête :
« Les plateaux du Caroux et de l'Espinouse, bordés au sud par la vallée du Jaur et de l'Orb, forment une région géographique et culturelle assez homogène. Mais, du seul point de vue dialectal, cette région se rattache à un ensemble constitué par les départements de l'Hérault et de l'Aude et de l'est de la Haute-Garonne et de l'Ariège. D'autre part l'on y trouve des éléments culturels archaïques provenant tant du Massif Central que de la plaine languedocienne : c'est le cas par exemple, pour nous limiter au domaine de la musique, des bourrées montagnardes dont le centre de diffusion semble être le Massif Central, et de la danse des treilles venue du Bas-Languedoc. En fait l'homogénéité culturelle de cette région tient avant tout au fait que sa population est constituée de “montagnards” ; à ce point de vue, la mentalité des autochtones s'apparente plus à celle des populations du Massif Central et des Cévennes qu'à celle des “gens de la plaine”. Il serait difficile de trouver des caractéristiques plus profondes différenciant actuellement la région étudiée des régions de montagne voisine. Des différences plus profondes que de simple variantes ne sont plus guère perceptibles en France qu’entre de vastes ensembles régionaux, les cultures régionales étant prises depuis longtemps dans un processus d'homogénéisation. C'est encore une raison qui nous a fait apparaître la recherche à tout prix de faits idiosyncrasiques de la région étudiée comme vaine, et pour laquelle nous avons préféré nous limiter à faire ressortir le caractère archaïque pas toujours évident de certains faits observés.Les enregistrements et le mémoire de maîtrise avait été remis par Jacques Bouët à l’Office départemental d’action culturelle (ODAC) de l’Hérault qui avait créé en 1985 une phonothèque pour la sauvegarde du patrimoine oral du département, sous la responsabilité de l’ethnologue Pierre Laurence.
L’ensemble des fonds de l’ODAC ont été versés aux Archives départementales de l’Hérault en 2002.
Voir la notice du fonds ODAC - Phonothèque sur le site des Archives départementales de l’Hérault.
Fonds clos
Le Dossier « Enquête Jacques Bouët sur le Caroux et l’Espinouse » contient une série de 25 entretiens et collectages sonores réalisés dans les massifs du Caroux et de l'Espinouse vers 1969-1970.
Les enregistrements portent essentiellement sur la culture populaire, musiques, chants et danses traditionnels, vie populaire d'autrefois, récits de vie.
1970
Occitan (languedocien)
Français
05:36:18, soit 25 entretiens avec des habitants du Caroux et de l'Espinouse répartis sur 3 bandes magnétiques
Enregistrements sonores
Le mémoire de maîtrise qui est issu de cette enquête est consultable au CORDAE-La Talvera à Cordes-sur-Ciel (voir sur le catalogue du CORDAE)
1771 W 64-66
Inventaire complet disponible sur le site des Archives départementales de l'Hérault
Accéder à la notice du dossier Jacques Bouët (Fonds ODAC - Phonothèque)
Fonds numérisé et en partie disponible sur Occitanica dans le cadre du programme « Patrimoine culturel et identité territoriale - Musiques et danses traditionnelles en Massif Central »
Voir les enregistrements disponibles sur Occitanica
BOUET, Jacques. Faits relevant de l'ethnomusicologie dans la région du Caroux et de l'Espinouse. Mémoire de maîtrise. Ethnologie. Montpellier : Faculté des Lettres et Sciences humaines, juin 1970, 74 p.
CONTRI, Fabrice. Jacques Bouët (1945-2018). Cahiers d'ethnomusicologie. [en ligne]. 2018. [Consulté le 3 février 2020]. Vol. 31, pp. 297-300. Disponible à l'adresse : https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/3098
Fonds consultable sur place, aux Archives départementales de l'Hérault
Consulter les conditions de reproduction sur le site des Archives départementales de l'Hérault.